Pas chaude l'Atlantique! (Episode 2)

Je vous avais laissé la dernière fois au moment du repas sur Saint-Pierre-d'Oléron et celui-ci étant terminé je vais reprendre l'histoire.
La sieste nous étant prohibée pour des raisons de rythme aéronautique (je vole, tu voles, il vole, nous volons…), nous repartons en direction de l'aérodrome de Vendays-Montalivet.
Au décollage, nous rejoignons la côte nord de l'île d’Oléron en passant au-dessus des salines.Nous remontons jusqu'à la Pointe de Chassiron. 

La marée basse découvre d'immenses plages d'où apparaissent des circonvolutions extraordinaires.


Après un virage à gauche, route au sud, nous contournons le phare de Chassiron.


Nous longerons la côte en passant au-dessus de l'Anse du Marais Salé ou Baie des Pilotes (Entendez par là des pilotes de bateaux et non d'avion bien entendu).
En vue aérienne, on s'aperçoit qu'on est au-dessus d'un immense plateau maritime. La météorologie de ce samedi est toujours extraordinaire et malgré que nous soyons l'après-midi, nous n'observons aucune turbulence. Un régal !

Survol du port de la Cantinière. Agnès, élève pilote, a pu faire son vol hebdomadaire d'apprentissage autrement que les traditionnels tours de piste à Saint-Étienne. Axe plan vitesse, il suffit de suivre la côte quasi rectiligne pour voler droit. Elle découvrira d‘en haut, comme moi, les immenses plages et quelques baïnes de la cote. Excellent souvenir pour elle. Merci Isa!
Nous descendons toujours la côte sauvage en direction du phare de la Pointe de la Coubre que nous croisons avant de survoler l'embouchure de la Gironde.


Bien entendu, la marée basse nous fait apparaître des bancs de sable au travers desquels les petits bateaux passent ou s'arrêtent profitant de plages temporaires et peu fréquentées.
La promenade principale de ces touristes marins sera la visite du phare de Cordouan. Ce phare placé au milieu de l'embouchure de la Gironde est extrêmement impressionnant. Peut-on arriver à imaginer celui-ci en pleine tempête ?
Nous continuons notre périple le long des plages de Soulac-sur-Mer durant lequel nous découvrons de temps en temps les vestiges de blockhaus de la dernière guerre.


Enfin nous survolons la commune de Montalivet-les-Bains, lieu de pèlerinage pour Isabelle. Il nous fallait impérativement visiter l'hôtel de son séjour pour un recueillement commun.

Verticale reconnaissance, base arrière main gauche pour la 09, et nous voilà posé sur l'aérodrome de Vendays-Montalivet. Nous parquons les avions puis nous prenons la direction de la plage avec l'idée un peu saugrenue, pour certains, de pouvoir se baigner.


Après 30 minutes de marche, nous pouvions enfin tremper les doigts de pied dans l'Atlantique. Température de l'eau estimée à 13 ou 14 °C. Quelques courageux iront brasser quelques minutes dans les vagues ou bien surfer de leur corps sur celles-ci. Étonnamment, en sortant de l'eau, la température extérieure était si douce que nous n'avions même pas froid.

Petit conciliabule entre Louis et Olivier : « et toi tu vas ou non dans l'eau ? »
Nous étions tous ravis d'avoir pu tremper les pieds dans l'eau. Pendant que certains enlevaient le sable de leur chaussure d'autres faisaient du secourisme imprévu sur le bord de la plage où nous avons failli assister un drame. Heureusement ce jour-là, un peu plus loin des secouristes qui effectuaient des entraînements, ont pu s'occuper rapidement de ce cycliste âgé en pleine défaillance cardiaque.


Soulagé de la prise en charge par les secouristes, nous repartons rejoindre nos avions et nouveau décollage, presque en formation, vers le sud, direction l'aérodrome d'Andernos.
Entre 1000 et 1500 pieds au-dessus de la mer, nous suivons la ligne droite parfaite de la bande de terres séparant l'Atlantique des étangs d'Hourtin, de Carcans et de Lacanau.
Nous profitons de notre arrêt à Andernos-Les-Bains pour refaire les pleins des avions. Nous n’eûmes pas le temps de nous apitoyer sur le jeune pilote du club qui, ce jour-là, obligea une remise de gaz à un 747 sur l'aéroport de Mérignac. Rien de grave mais probablement une remontée de bretelles en perspective et un gros souvenir dans sa carrière de pilote.

Redécollage les uns derrière les autres pour survoler le magnifique bassin d'Arcachon à marée basse découvrant des volutes de sable et d'eau dessinée avec grâce par la main du hasard. Nous passerons à l'ouest d'Arcachon direction le banc de sable d'Arguin obstruant en partie à marée basse l'entrée du bassin entre Cap Ferret et la dune du Pilat.

Petite déception, vue du sol la dune du Pilat est très impressionnante. En revanche, vu d'en haut, elle est beaucoup plus écrasée par les perspectives. Néanmoins, le décor est grandiose !


La fin d'après-midi approche et il est temps de rentrer vers Bergerac ou plus exactement vers le terrain privé de Rebeyrotte où nous envisageons le repas et d'y passer la nuit.
Le trajet sera un peu plus technique car il faut éviter la zone militaire de Cazaux, contourner la centrale nucléaire « Le Barp » et sans trop s'approcher de Mérignac et de Bordeaux. Suite à la mésaventure du 747, le contrôleur de la TMA Aquitaine semblait plus tendu et probablement méfiant des VFR.
Au passage de la zone de Bergerac, le contrôleur de la tour, connaissant bien le lieu où nous allions, nous souhaita à tout bon appétit.
La journée étant bien remplie, la fatigue commençait à apparaître et tous étions bien contents de survoler puis de se poser les uns après les autres sur cette belle piste en herbe dans les premiers rayons couchant du soleil.


Nous étions tous un peu fourbus par nos vols, par la marche à pied pour atteindre la plage, la baignade pour certains, l'air vivifiant du large mais aucun de nous avait oublié ce qui nous attendaient le soir : un repas du terroir. Il faut noter la simplicité et l'excellent accueil des aubergistes.

Le soir, devant une profusion d'excellents magrets de canard et du vin de Bergerac à volonté, chacun de nous a commenté comment il avait vécu sa superbe et longue journée.


La fatigue m'envahit, mes paupières se ferment et je vais aller me coucher la tête pleine d'images. Tant pis, je vous raconterai la suite au prochain épisode…  Ron..Ron..Ron.....